Nous voici au printemps 1941 ; l'armée française a été défaite un an plus tôt, la France est occupée et divisée entre zone occupée et zone libre...
"En zone non occupée, Modes & Travaux ne se vend que par abonnements"
Le magazine oscille entre soutien au gouvernement de Pétain et fronde
(discrète) contre l'occupant. En mai, un article à la gloire du maréchal
et de la Doctrine Nationale d’Éducation Physique : "dans ses émouvants
appels à la jeunesse de France, le Maréchal Pétain l'adjure d'abandonner
des habitudes désuètes et périmées pour travailler de toutes ses forces
au redressement physique et moral de la nation".


Un gros faible pour cette publicité du numéro de juin 1941 : deux nouveaux parfums : "Malgré tout" et "Je chante", à l'effigie du coq gaulois... Il est précisé pour l'un de ces parfums qu'il est d'une "ténacité rare", comprenez ce que vous voulez!






Octobre 1941 : Malacéïne frappe encore une fois, de plus en plus cynique!
La marque Petit Bateau attend l'heure de sa renaissance...

Les étrennes sont adaptées à la situation : le magazine propose le modèle d'un carnet pour tickets d'alimentation, pouvant contenir également trois morceaux de sucre.
Les publicités s'adaptent encore : économies de gaz grâce au produit dégraissant qui permet de faire sa vaisselle à l'eau froide, le rouge à lèvres Harrold "a repris sa fabrication d'avant-guerre". Le carnet de cuisine fait preuve de pragmatisme : "nous mangerons ce que nous pourrons, Madame, ce que nous trouverons, comme toujours maintenant". Heureux ceux qui ont de la famille à la campagne, ils peuvent espérer un lapin!


Mon dernier numéro pour cette série date de décembre 1943 et reste dans cette ligne de conduite, mais son prix atteint désormais les 10 francs contre 5 avant guerre...
J'espère à l'occasion parvenir à trouver des numéros des années 1944 et 1945 de ce magazine pour voir l'évolution finale du magazine Modes & Travaux durant la période de libération et de victoire... N'hésitez pas à fouiller vos tiroirs!