mercredi 26 juin 2013

Le gant selon la baronne Staffe


"La main doit être à l'aise dans le gant, sous peine d'y paraître courte et ramassée. Les doigts du gants seront aussi longs que les doigts de la main.
Les gants trop justes ne durent pas, ce qui est une considération économique : l'élégance vraie et la coquetterie bien entendue sont toujours d'accord avec la raison.
Les gants de chevreau font un usage bien meilleur et bien plus long, si on sait les mettre pour la première fois. "C'est tout une science," dit une femme charmante. Il faut avoir les mains parfaitement nettes, sèches et fraîches. Ne mettez jamais des gants quand vos mains sont humides ou trop chaudes. Pour la moiteur, il y a un moyen (indiqué plus haut (1) ) de la faire disparaître.
Enfoncez d'abord les quatre doigts, laissant le pouce en dehors et le poignet du gant retourné sur la main. Quand les doigts sont entrés entièrement, grâce à des mouvements de l'autre main, introduisez le pouce avec le plus grand soin, en appuyant le coude sur le genou. Ensuite rabattez le poignet du gant et boutonnez le second bouton, continuant ainsi jusqu'au bout. Revenez ensuite au premier bouton, vous verrez comme il se boutonnera facilement, sans craquer le chevreau, ce qui arrive si souvent quand on commence par le premier bouton. En outre, la boutonnière ne s'élargira pas, ce qui est de grande importance, si on veut être bien ganté jusqu'au dernier jour du gant.
Ne retirez jamais vos gants par l'extrémité des doigts, mais par le poignet. Ils se trouvent alors à l'envers, ce qui est excellent pour leur laisser évaporer l'humidité que la main a pu leur communiquer. Quand ils sont secs, on les remet à l'endroit, comme dit la vieille chanson de saint Eloi. -- Les gants qu'on n'a pas eu la précaution de faire sécher se rétrécissent et se remettent difficilement. Le chevreau craque au moindre effort, ce sont des gants perdus.
Les gants ne doivent pas être roulés l'un dans l'autre. Il faut les étendre, de toute leur longueur, dans la boîte ou le sachet parfumé. Les gants clairs sont couchés entre deux pièces de flanelle blanche pour les préserver du contact des gants sombres, qui pourraient déteindre sur eux.
On répare bien les gants de chevreau noirs en mélangeant quelques gouttes de bonne encre noire dans une cuillère à thé d'huile d'olive. On applique à l'aide d'une plume ; on fait sécher au soleil. -- Les gants clairs se nettoient avec de la farine, s'ils ne sont que légèrement souillés. S'ils sont plus fortement salis, employez de la neufaline, même pour le gant de Suède.
Lorsque vous achetez des gants, examinez bien les coutures. Si le fil tiré a formé des places blanches, n'acceptez pas ces gants dont le chevreau se déchirerait aisément, qui ne feraient pas d'usage et vous ganteraient mal.
Les gants de soie et de laine sont beaucoup plus chauds que les gants de peau. Pour les jours d'hiver trop rigoureux, on portera des gants fourrés ou des gants de laine par-dessus les gants de chevreau ou de Suède."

(1) : voici la recette en question : " Pour donner aux mains la sécheresse convenable, on en frottera l'intérieur, plusieurs fois par jour, avec un linge imbibé de la préparation suivante : 70g d'eau de Cologne, 15g de teinture de belladone".

(2) : la neufaline est un produit de nettoyage dont je ne connais pas la recette mais que j'assimile à nos nettoyants avant lavage. Voilà l'image d'un flacon de neufaline, trouvé sur le blog de Poudrée  masquée.

dimanche 23 juin 2013

La Femme chez Elle juin 1911



 Et dans ce numéro de juin très actuel (on n'est pas à 102 ans près, non plus), vous retrouverez les rubriques mode (tailleurs estivaux et chapeaux), cuisine, enfants habituelles, ainsi qu'un article sur la manière de confectionner un hamac (d'actualité, donc!) et une autre sur la confection d'une toque brodée.



vendredi 31 mai 2013

Hors sujet temporel : robe médiéval fantasy pour Provins 2013

Terminée juste à temps (manque encore la cape ^_^) pour les 08 & 09 juin prochain, une robe d'inspiration médiévale absolument pas historique : robe du dessous en lin vert brodée au col et aux manches, robe du dessus en chintz gris argent à manches amples (trèèèèèèès amples) et ceinture corselet en velours vert lacé dans le dos.

Patrons utilisés : Burda 7977 et McCalls 4491.








lundi 20 mai 2013

Col en guipure, début XX° siècle

Une merveille de dentelle, qui se porte comme un bijou!


Col haut en guipure de fil blanc, probablement de la période 1900-1910 vu la hauteur du col.


Il est en très bon état de conservation, je l'ai porté comme collier mais ne le porte plus en ce moment car un fil faiblit et doit être réparé avant que les dégâts ne s'étendent.

Fémina 1er juillet 1903

Un nouveau numéro de Fémina riche en clins d’œils mondains!



Au menu de ce numéro estival :

-Une chronique de Robert de Montesquiou, le dandy fameux.
-Reportage sur l'admission d'Edmond Rostand à l'Académie.
-Les courses à Auteuil.
-Un cours d'aquarelle à la campagne.
-Reportage sportif sur le golf.
-Une garden party de charité au pavillon des Muses.
-Le Menu, conte par Michel Corday.
-La kermesse du Bois de Boulogne.
-Présentation de l'auteur du prochain roman-feuilleton Fémina, Mme Lecomte du Nouy.
-La collection d'ombrelles de Mme Henry Lavedan.
-Partition d'un Boston Valse de L. Elsen.

La Femme chez Elle mai 1911




Troisième numéro sur dix de ce magasine généraliste orienté vers la broderie. Il comporte les mêmes rubriques que le numéros de janvier, ainsi que quelques très belles pages modes et un article consacré au pochoir.


mercredi 8 mai 2013

Hors sujet temporel : une robe de médiéval fantasy


Réalisée pour une amie dans l'optique de se rendre à Provins en juin... Elle n'a de fait rien de médiéval, mais elle est jolie tout de même! Réalisée d'après le patron Butterick 4571, elle a subi quelques modifications minimes, notamment l'élargissement du pan avant de la jupe pour qu'il soit à la même largeur que le devant du corsage.


Taffetas bleu turquoise et chintz gris argent, plus un galon superbe trouvé sur le site Cousu d'Or.

Plastron en dentelle noire et crêpe de soie rose pâle

Pour des raisons que je ne comprends pas, je n'arrive pas à afficher cette image dans le bon sens... Navrée!
Une petite pièce achetée une misère, mais très jolie quand même : le plastron est en dentelle noire mécanique, posée sur un fond de crêpe de soie rose très pâle. Le tout est maintenu par un bouton pression dans le cou et un élastique à la taille (ce qui me laisse penser que c'est une pièce relativement récente, même si je devrais fouiller un peu pour me renseigner sur l'utilisation de l'élastique en couture).


samedi 13 avril 2013

Le corset selon la baronne Staffe

Extrait du Cabinet de Toilette (1891), chapitre consacré aux Dessous de la toilette :

  • Le Corset et ses Détracteurs :
Le corset a un très grand nombre de détracteurs du côté masculin de l'humanité.

Les uns disent qu'il déforme la taille de la femme, d'autres qu'il détruit la santé.

Regardez les statues antiques, s'écrient-ils, ces chefs-d’œuvre qui représentent le corps humain dans sa beauté vraie, tel qu'il est sorti des mains de la nature. Les Vénus ont elles une ceinture étroite comme la femme moderne? Non, non, cette structure divine n'a été réduite par aucune gêne, aucune contrainte, elle s'est librement développée, épanouie, la déesse peut enfanter, transmettre à ses fils la force et la santé. 

Charles X, qui se rappelait le long corselet de guêpe de Marie-Antoinette, était un ennemi féroce du corset.

Un savant de mes amis assure que, le corset ayant aplati nos côtes - qui, en  bonne ostéologie doivent être courbes - le squelette féminin, considérablement altéré, fera songer, dans des milliers d'années, ceux qui fouilleront nos tombeaux.

Le médecin génevois Tronchin attribua au corset la plupart des maladies des femmes de son temps, et, pour atténuer le mal, il fit adopter les robes à pli Watteau, sous lesquelles on pouvait délacer un peu l'horrible instrument de torture inventé par une coquetterie inintelligente.

Que de maris citent encore à leurs femmes l'exemple de Mme Tallien qui dédaigna, toute sa vie, d'enserrer sa jolie taille dans une prison de baleines et de satin et fut considérée, malgré cela ou pour cela, comme la femme la plus séduisante de son  époque.
  • Les bons côtés du corset :
 Les détracteurs du corset ont raison de blâmer les sottes qui déforment effectivement leurs corps et détruisent leur santé pour obtenir une diminution d'un centimètre sur le tour de taille ; avantage infinitésimal, surtout quand on pense de quel prix on le paie : compression des organes essentiels, gêne de la respiration, congestion du visage, rétrécissement des hanches. (Il y a des femmes qui vont jusqu'à mettre leur maternité en péril.)

Mais si le corset n'est considéré par la femme que comme le soutien de son buste frêle, il devient utile, au contraire. On a su, alors, lui donner assez d'élasticité et de flexibilité pour assurer le bien-être de celle qui le porte et laisser toute liberté, c'est-à-dire toute grâce à ses mouvements. La taille ondule, se balance comme un roseau s'incline sous le vent, et ne nous afflige plus une raideur rappelant celle du chevalier bardé d'acier.

Le corset est absolument nécessaire aux femmes très fortes. Il contient l'excès d'opulence de leur corsage, sans lui pas de correction possible dans la toilette d'une grosse femme. Elle ne paraîtra pas habillée ; ce qui est plus grave, elle aura l'air d'être débraillée.

Le corset supporte les jupes qui pèseraient trop lourdement sur la ceinture ; sans son secours une femme maigre ou seulement très mince ne peut, non plus, avoir bonne tenue. Il y a quelque chose de déhanché dans tout son aspect, au moindre de ses mouvements.

Le corset a encore un autre bon côté. il sert d'appui à la gorge dont les fibres se distendraient et qui tomberait bien trop bas, si cette espèce de tuteur ne la maintenait pas à la place qu'elle doit occuper et ne lui conservait, par suite, cette forme qui "servait à prendre l'empreinte de la coupe de l'autel".
  • Comment on doit comprendre le corset :
Le corset ne devrait être baleiné que dans le dos et sur le devant... à moins que celle à qui il est destiné n'eût perdu les justes proportions, car, dans ce cas, il faut aussi maintenir les côtés.

Le coutil est une étoffe trop rigide, à mon gré, pour y tailler le corset. Le satin, même le satin de coton est préférable, puisque nous ne voulons pas une armure ; mais ce qui conviendrait le mieux, c'est une peau de daim. Je parle toujours pour les femmes dépourvues d'un embonpoint trop accentué.

On en viendra sans doute, à ce point de perfection, il y a déjà des corsets de tulle grec pour l'été ; des corsets s'élargissant à volonté, suivant le jeu de la respiration, grâce aux élastiques dont ils sont pourvus : ils sont destinés aux femmes faibles et délicates.

Le corset court est préférable au long corset et, cela, à tous les points de vue, puisque le confort et la grâce y sont intéressés. Montant trop sous les bras, le corset vous fera des épaules hautes, ce qui est à éviter. Descendant trop bas, il allongera le buste disgracieusement, les jambes en seront diminuées et ainsi sera détruite l'heureuse harmonie des proportions, harmonie qui constitue la beauté véritable. Le corset court de hanches laisse toute souplesse à la démarche. Ne soyez pas indifférente aux dimensions du corset.

Plus le corset est court, plus la taille est mince, du reste. Les grands corsets raides font du buste un poteau, aussi large du bas que du haut.

Ne vous laissez donc pas dominer par la mode, quand elle impose ces longues gaines qui vous donnent l'aspect d'un automate. résistez de toutes vos forces à la couturière qui veut vous y introduire. Si vous vous êtes laissée emprisonner dans la dure cuirasse, délacez deux trouets du haut et deux trouets du bas, et que le milieu soit lacé d'une façon à ne pas vous serrer du tout. Grâce à cet artifice, vous retrouverez dans l'affreux corset dont on vous aura affublée, assez d'aisance gracieuse pour attendre patiemment le renouvellement de cet objet de toilette si important.

Le corset sera toujours d'une grande fraîcheur. Un corset souillé témoigne contre celle qui le porte, l'accuse d'insouciance et d'un laisser-aller regrettable. On doit abriter son corset sous le petit corsage décolleté, à manches courtes, nommé cache-corset, et l'envoyer au nettoyage dès qu'il commence à se faner.

Le corset blanc est le plus joli de tous, quelle que soit l'étoffe dans laquelle on le coupe. Je n'aime guère les corsets bleus, roses, mauves, etc., qui se salissent aussi vite que les blancs et sont de moins bon goût. Le corset gris ou mastic a toujours l'air souillé dès le commencement, on le croirait d'un blanc... très sale.

Le corset noir est économique, on ne peut le nier. Il a l'avantage de ne pas se souiller, car il est très facile de maintenir sa doublure blanche tout à fait propre, jusqu'à usure complète. Mieux vaut encore un corset noir en bon état qu'un corset blanc fané.

lundi 18 mars 2013

Fémina juin 1903

Je possède deux volumes reliés du magasine Fémina, recouvrant le deuxième semestre 1903 et le premier semestre 1904.

Ici, pas de patrons, mais une sacrée tranche de vie de la haute société de la Belle Époque : reportages sur les cours du soir des jeunes filles, interviews d'auteurs à la mode, de "stars", reportage sur les grandes figures de la société, un véritable magasine "people" d'un autre siècle! Savoureux!



Les rubriques de ce numéro :
-Un reportage sur Edmond Rostand et deux poèmes de lui.
-Gymnastique pour les enfants.
-Les élégantes aux courses : la réunion d’Édouard VII.
-Les cours d'amours et les reines du Félibrige.
-Deux maris, dialogue par Henri Lavedan.
-Dentelles et broderies au salon de 1903.
-Reportage photo : un mariage princier à Arc-En-Barrois.
-Reportage : les cours du soir pour jeunes filles.
-Partition : Le Sire de Vergy.
-La journée d'une parisienne.