vendredi 30 mai 2014

Robe de promenade 1878

Voilà une robe que j'ai réalisée d'après un patron de la Mode Illustrée de juillet 1878... Il s'agit au départ d'une polonaise (robe manteau) en zéphyr rayé bleu et blanc, avec une forte inspiration costume de marin (les couleurs, les rayures, le col). Le magazine dont provient ce modèle est disponible ICI!

J'ai modifié le patron que j'avais du mal à cerner (j'ai fini par comprendre que le pan avant de la polonaise se nouait dans le dos et était ensuite caché par la traîne). J'ai opté pour une polonaise courte devant, portée sur une jupe droit devant et à traîne derrière. J'ai élargi le patron, me méfiant des mesures inhumaines des patrons du XIX° siècle, mais j'ai fait preuve d'un peu trop d'enthousiasme et au final, la robe est un peu large pour moi. Je vais la reprendre pour l'ajuster davantage, et pour refixer convenablement le ruban qui décore le dos (je l'ai fixé à très grands points dans la voiture juste avant l'occasion où j'ai porté cette robe, il est mal fixé et pas à la même hauteur des deux cotés).


lundi 14 avril 2014

Les marques cosmétiques existant à la Belle Epoque

Je reprends ici un article que j'ai rédigé pour le forum Des Aiguilles et des Costumes, et que je complèterai par la suite. Il s'agissait simplement au départ de faire un point sur les marques de cosmétiques qui existaient déjà au XIX° et début XX° siècle...

GUERLAIN :

La maison de parfumerie Guerlain est fondée à Paris en 1828. La marque développe également des produits de maquillage dès les années 1830, ce qui en fait une des marques les plus anciennes! En 1836, Guerlain invente le tube de rouge à lèvres tel que nous le connaissons : c'est le "rouge à lèvres Automatique", dont l'appellation existe toujours! A l'époque, l'unique teinte s'appelle "ne m'oubliez pas"...


Sur le site de la marque Guerlain vous trouverez un panorama de leur histoire joliment illustré :
http://www.guerlain.com/fr/fr-fr/patrimoine

RIMMEL :

Aujourd'hui appelée Rimmel Londres, la marque est pourtant d'origine française! Eugène Rimmel, son fondateur, est français, et commence à travailler dès 1834 (il a 14 ans) dans la parfumerie de son père à Londres (d'où l'appellation Rimmel Londres). La marque invente le mascara vers 1880. Eugène Rimmel est l'auteur d'un Book of perfumes paru en 1867 et téléchargeable en ligne :
https://archive.org/details/bookofperfumes00rimm
Publicité de 1934 pour les mascaras Rimmel (le mot est d'ailleurs devenu un nom commun pour désigner le mascara, témoignage du succès de la marque! :


BOURJOIS :

La marque a été fondée en 1863 et vient donc de fêter ses 150 ans. A l'origine, Bourjois faisait des crayons gras destinés au maquillage de théâtre mais s'est rapidement diversifié avec à la clé un succès mondial. Les boites de fard rond que nous connaissons existent depuis 1879 et ont connu un succès phénoménal grâce au coup de génie de Bourjois, qui a inventé le fard cuit solide... A l'occasion de son 150ème anniversaire, Bourjois a édité un ouvrage (passionnant et glamour!!) qui retrace l'histoire de la marque depuis ses origines :


A l'époque, la gamme de couleur est réduite : fards blancs pour le teint, blushs rose, rouge, brique... Voici la gamme existant en 1898 :


Ensuite la gamme se diversifie... La teinte cendre de roses, qui apparait en 1927, existe toujours!


 Et en prime, la recette pour créer des petits pains de blush rose cuit!


PÉTROLE HAHN :

La recette de cette lotion capillaire traitante est créée en Suisse en 1885, et vendue en France dès 1893 :

HELENA RUBINSTEIN :

La marque éponyme est fondée en 1902 à Melbourne. Il s'agit au départ d'instituts de beauté, mais Helena Rubinstein a également à son actif l'invention en 1910 de la classification des types de peau, ce qui permet d'adapter la création des soins à chaque type de peau. Elle a également inventé à la fois le mascara en tube tel que nous le connaissons aujourd'hui et le mascara waterproof en 1939. Helena Rubinstein ouvre des boutiques à Londres puis dès 1912 à Paris. L'écrivain Colette comptera d'ailleurs parmi ses clientes et ouvrira par la suite son propre institut de beauté!


GARNIER :

La marque est fondée en 1904, il s'agit à l'origine d'une lotion pour les cheveux aux plantes.


Garnier (depuis racheté par l'Oréal) possède également la marque Roja, dont la célèbre brillantine Roja Flore existe toujours dans nos rayons... Je n'ai pas trouvé la date de création de cette brillantine, mais il semble qu'elle soit apparue après la seconde guerre mondiale (ce sont les pilotes d'aviation qui ont mis ce type de brillantine à la mode, elle leur permettait de garder les cheveux brillants malgré le port d'un casque, pour l'anecdote)...

J'ai trouvé pas mal de publicités des années cinquante pour la brillantine Roja Flore, visiblement au sommet de sa gloire!


CADUM :

Tout le monde connaît les bébés Cadum... La marque est créée à Paris en 1907, et doit son nom à l'huile de cade qui permit de créer un produit soignant l'eczéma. C'est donc d'abord un produit pharmaceutique. Le savon Cadum n'apparaît qu'en 1912, et la marque se sert des stars de l'époque pour diffuser son image (Mistinguett fut une de leurs égéries)


L'OREAL :

Aujourd'hui premier groupe mondial de cosmétique, la marque apparaît en 1909. C'est à l'origine une marque spécialisée dans la teinture pour cheveux (le chimiste Eugène Schueller invente un nouveau procédé de coloration capillaire en 1904 et cofonde la marque en 1909. A noter, la marque s'est d'abord écrit L'Auréale. Le groupe se diversifie en 1928 en rachetant la Société des savons français.


MAYBELLINE :

La marque est fondée à Chicago en 1915 par le chimiste Williams ; le nom est un hommage à sa sœur Mabel. Pour se diffuser hors des USA, Maybelline s'associe à des marques locales ; en France, ce sera avec l'entreprise Gemey fondée en 1923. La marque est là encore très connue à l'époque pour ses mascaras :


Nettoyage des cheveux selon la baronne Staffe

Voici les propos tenus par la baronne Staffe en 1892 sur le nettoyage de la chevelure. Je ne garantis pas l'efficacité ou l'innocuité de toutes les recettes (voir notes de bas de page), mais elles valent néanmoins le coup d’œil!  A ne pas perdre de vue : au XIX° siècle, on ne se lave pas quotidiennement les cheveux, loin de là, contrairement à nous!

"Nettoyage des cheveux :

L'usage très fréquent du peigne fin est fatal pour la chevelure, surtout lorsque les cheveux tombent. Cependant, il est nécessaire de nettoyer la chevelure et le cuir chevelu.
Une de mes amies, qui a les plus jolis cheveux du monde, propres, souples, ondés, lustrés, les nettoie de temps en temps avec de l'essence minérale¹.
Les Chinoises, dont les cheveux sont beaux, - à la raideur et à la grosseur près, - emploient un mélange de miel et de farine.
Les Anglaises ont recours à la solution suivante : une tasse à thé de sel dans un litre d'eau de pluie. Après douze heures, on peut se servir de cette saumure. Pour une tasse de la préparation, on ajoute une tasse d'eau de pluie chaude. On lave bien les cheveux, on les rince, on les frotte, ainsi que le cuir chevelu, avec une serviette, jusqu'à séchage complet.
Les Italiennes, qui sont dotées d'une chevelure très vigoureuse, se nettoient les cheveux et le cuir chevelu avec une décoction de racines d'orties².
Les créoles de l'île de Cuba font une décoction de feuilles de romarin³. Cette eau, prétendent-elles, décrasse, fortifie, assouplit la chevelure.
L'eau saponacée est excellente. On fait bouillir 50g de racines de saponaire dans les trois quarts d'un litre d'eau. On opère avec la préparation chaude, puis on essuie rapidement les cheveux et le cuir chevelu avec des linges chauds.
Le jaune d’œuf nettoie fort bien et aide à la pousse des cheveux. On frotte seulement le cuir chevelu avec le jaune d’œuf, puis on rince à l'eau chaude.
Des blancs d’œufs, bien battus en neige, sont encore une des préparations les plus simples et les meilleures. On en frotte bien le cuir chevelu et les cheveux, on rince à l'eau chaude.

Enfin voici quelques lotions plus compliquées pour les personnes qui dédaignent les moyens faciles : 

1° Celle-ci sert au nettoyage ; elle diminue en outre les maux de têtes et atténue la chute des cheveux : prenez le quart d'un litre d'alcool rectifié et d'une bonne odeur. Faites-y dissoudre un demi-gramme de sulfate de quinine⁴ et laissez infuser, deux jours durant, dans une bouteille hermétiquement bouchée. Après ce temps, ajoutez-y un demi-litre de vieux rhum et 50g de quinquina jaune⁵ en poudre. Laissez en contact pendant trois jours. Passez ensuite votre liquide ; lavez le résidu avec deux cinquièmes d'eau environ ; mélangez les deux mixtures, filtrez au papier.
2° Un pharmacien a livré cette formule, pour composer soi-même l'eau de quinine, qui sert à nettoyer la tête : Sulfate de quinine⁴, 3 grammes ; eau de Rabel⁶, quantité suffisante pour le dissoudre. Opoponax⁷ 10 grammes, faire dissoudre par trituration dans de l'alcool à 96°, en quantité nécessaire. Ajouter l'essence de patchouly, 3 gouttes ; essence de violette 5 grammes ; essence de bouquet 5 grammes. Compléter à 6 litres, en ajoutant assez d'alcool à 40°. Jeter dans le liquide 75 grammes d'iris de Florence⁸ pulvérisé. Laisser macérer huit jours. Filtrer ensuite.
Shampooing envoyé d'Angleterre : Un litre d'eau chaude ou froide où l'on fait fondre 30 grammes de carbonate de soude⁹ et 15 grammes de savon de poire¹⁰, découpés en menu morceaux. Additionner quelques gouttes d'essence et 30 grammes d'esprit-de-vin¹¹. Après le lavage avec cette préparation, on rince les cheveux à l'eau tiède. On frotte ensuite cheveux et cuir chevelu, à l'aide de linges chauds, jusqu'à séchage.

Il faut toujours faire sécher rapidement et entièrement. Après avoir essuyé ses cheveux, on les laisse flotter sur ses épaules pendant une heure, deux s'il le faut.
Les cheveux s'encrassent beaucoup moins si, après les avoir secoués, on les laisse aller librement sur ses épaules, pendant qu'on vaque à sa toilette de nuit et à sa toilette de jour.
Les cheveux blancs (et les autres) se nettoient admirablement avec de la farine ; on les en frotte bien ainsi que le cuir chevelu. On brosse soigneusement ensuite. Je crois que ce dernier moyen est le meilleur de tous. C'est dommage qu'il soit difficile à employer pour les chevelures foncées, qui en gardent trace assez longtemps¹²."

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¹ L'essence minérale est en fait l'équivalent de notre Pétrole Hahn actuel, qui est d'ailleurs commercialisé depuis 1885!
² La poudre de racine d'orties est effectivement un excellent composant  de décoctions et shampooings secs pour cheveux gras!
³ Idem que ci-dessous pour la décoction de romarin, qui a en plus la réputation de donner de beaux reflets aux cheveux foncés.
⁴ Le sulfate de quinine est aujourd'hui considéré comme relativement dangereux par l'agence pour la santé, je doute qu'il soit disponible en vente libre!
⁵ En revanche le quinquina jaune en poudre se trouve aisément.
⁶ L'eau de Rabel n'est plus commercialisée : http://fr.wikipedia.org/wiki/Eau_de_rabel
⁷ L'opoponax est une résine d'arbuste utilisée encore aujourd'hui comme encens, elle peut se trouver en herboristerie.
⁸ La poudre de racine d'Iris est un fixatif pour les parfums, et peut s'employer pure comme shampooing sec très doux.
⁹ Le carbonate de soude ne doit pas être confondu avec le bicarbonate de soude! Il s'agit de la soude caustique (ou cristaux de soude) et je déconseille son usage à des fins cosmétiques!
¹⁰ Je n'ai pas trouvé si le savon de poire faisait référence à une préparation particulière ou s'il s'agissait juste d'un savon classique parfumé à la poire.
¹¹ Esprit-de-vin : alcool éthylique.
¹² Je confirme! D'où l'intérêt d'une préparation à base de poudre de racines d'orties, qui permet de foncer fortement le shampooing sec qui devient ainsi invisible sur des cheveux foncés! Je réserverai l'usage des shampooings secs clairs aux cheveux blancs ou blonds...

vendredi 14 mars 2014

La Mode Illustrée 27 septembre 1908

Un nouveau numéro de la Mode Illustrée, dont je possède la planche de patron : c'est là que j'ai trouvé le modèle de la jupe qui m'a servi pour ma tenue façon "Julia Ogden".


La jupe que j'ai choisie est celle qui correspond à la robe en bas à droite (robe que je me ferai bien aussi, à l'occasion!) :


Et pour les courageuses, voilà le schéma avec les mesures de la jupe, à agrandir en taille réelle (c'est faisable ^_^), il faut compter environ 4m50 de tissu pour réaliser la jupe avec toute son ampleur (j'ai réduit, pour ma part) :


jeudi 13 mars 2014

Tenue 1899, inspiration Julia Ogden

J'ai découvert récemment (mieux vaut tard que jamais) la série canadienne "Les enquêtes de Murdoch", qui met en scène un inspecteur de police à Toronto, Murdoch, et une médecin légiste, Julia Ogden. Série très sympa qui met en avant les progrès fulgurants de la science et de la police à l'époque (la série commence en 1897, la saison 6 se passe en 1900).

Du coup, je me suis servie de mes patrons pour réaliser une tenue inspirée de celles que porte volontiers Julia Ogden : jupe à taille haute corsetée, chemisier, cravate. Comme je n'avais qu'une semaine pour faire cette tenue, j'ai fait l'impasse sur le chemisier (mais je me suis offert un joli patron pour en faire un par la suite) et l'ai remplacé par un corsage, et j'ai ajouté un boléro (il fait frais, encore!). La jupe est réalisée d'après un patron La Mode Illustrée de 1908, le corsage et le boléro d'après un patron Butterick (plutôt début XX° également), mais j'ai remplacé les manches droites du boléro par des manches gigot que j'ai récupéré sur une planche La Mode Illustrée de 1897 et dont j'ai réduit l'ampleur, parce qu'en 1897, ça rigole pas, ce sont de vrais ballons!

Voilà ce que ça donne : 

Petite sortie vespérale entre costumés au Thabor à Rennes...

vendredi 28 février 2014

La Mode Illustrée 10 décembre 1911

Un nouveau numéro de la Mode Illustrée, il m'en reste beaucoup à vous proposer, malheureusement, certains numéros sont très mal passés à la photocopie, aussi je dois les rephotocopier avant de les scanner et partager!

Vous constaterez que le magasine est passé de 8 à 16 pages! Je précise que j'ai la planche de patrons correspondant à ce numéro :


Un petit avant goût du contenu : des fourrures, des manteaux, mais aussi de la lingerie!

mercredi 12 février 2014

Magasine De Gracieuse 1862 à 1936

Un magasine de mode hollandais (et écrit en néerlandais, hélas pour moi qui ne le lit pas), de même type que La Mode Illustrée.


Le gros bonus de ces magasines? Ils ont été numérisés AVEC leur planche de patrons!


Merci à Aliénor pour cette fantastique découverte! Je ne sais pas qui a numérisé image par image ces magasines, mais qu'il soit également remercié!

Vous pouvez visualiser ces magasines page par page sur ce site!

mercredi 5 février 2014

Harper's Bazar 1867

Et voilà une trouvaille réalisée sur le Net : les numéros du magasine américain Harper's Bazar des années 1867 à 1900! Je suppose que 1867 est l'année de création, car le premier numéro commence en novembre. Pour les années suivantes, le Harper's Bazar paraît chaque semaine, comme son équivalent français la Mode Illustrée!

Pour des raison de facilité et pour ne pas noyer le blog, je vais regrouper chaque année en un ou deux PDF plutôt que de publier les magasines un par un!

Voilà donc l'année 1867! Désolée pour la piètre qualité des images et du texte, ces magasines n'ont pas été très soigneusement numérisés...



mardi 4 février 2014

Elna Transforma 1950's

Et de cinq!


La petite dernière est moins "jolie" que les précédente, mais plus utilitaire : c'est une Elna Transforma des années 50, qui s'actionne avec le genou. C'est une machine de base, elle ne coud que le point droit, mais à l'avant de la machine se trouve un bloc amovible, qui pouvait être remplacé par un autre bloc avec des cames permettant de varier les points : la machine est conçue pour être améliorée ultérieurement. 


C'est une machine solide et capable de coudre de très grosses épaisseurs!


 Avec cette machine un boitier d'accessoires comprenant un pied ourleur étroit et un pied repriseur.


La valise de rangement est conçue pour servir de table de travail pour coudre!

Elle va être étrennée dès cette semaine. Merci à Odile qui m'a procuré cette machine et m'a donné toutes les explications ^_^!

Ensemble d'inspiration Belle Epoque

Voilà un petit ensemble Belle Epoque, réalisé il y a quelques mois mais repris ce mois-ci pour transformer la jupe. Le patron de la jupe est un patron La Mode Illustrée de 1908, dont j'ai modifié la ceinture pour faire une ceinture corsetée inspirée des jupes de Julia Ogden dans la série Murdoch. La blouse et le boléro sont des patrons du commerce (Butterick 4049 pour la blouse, 5232 pour le boléro).


La jupe est en lainage violet, non doublée, ceinture baleinée, et le boléro est réalisé dans le même lainage doublé de liberty. Une deuxième blouse en voile de coton blanc et dentelles est en cours!